• Aiguiser le regard
  • Attiser la curiosité
  • Rendre accessible
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Exposition Maxime Rossi

Samedi, 5 Septembre, 2015 - Dimanche, 22 Novembre, 2015

Sérendipité

La sérendipité consiste à faire une découverte inattendue ou accidentelle, résultant d’une attitude d’esprit qui combine ouverture à l’expérience, curiosité et sagacité. Ainsi, partant
d’un point de départ précis ou d’un prétexte – qu’il soit littéraire, musical ou patrimonial – les expositions du Centre d’art contemporain La Halle des bouchers se répondent les unes aux
autres tout en ouvrant de nouvelles perspectives et champs de recherche.

La sérigraphie

La sérigraphie est une technique d’imprimerie qui utilise des pochoirs (à l'origine des écrans de soie) interposés entre l’encre et le support. La technique nécessite l’utilisation d’un écran
constitué d'un tissu tendu (anciennement en soie) et fixé sur un cadre (autrefois en bois, aujourd'hui en aluminium). Le sérigraphe met en repérage l'écran et la matière à imprimer de
manière à positionner l'impression à l'endroit souhaité.
Les couleurs du motif à imprimer sont séparées sur des films transparents, avec un film distinct pour chaque couleur du motif à reproduire. Le sérigraphe doit donc faire preuve
d’anticipation puisque c’est la superposition des pochoirs qui permettra d’aboutir au résultat final.

 

Suivant un principe de sérendipité, le Centre d’art contemporain La Halle des bouchers poursuit une programmation qui présente au public les différents champs possibles de la création contemporaine : les relations entre le son et l’image (« Les sons du silence » et « Audio Trouble »), la peinture (Nina Childress), les théories post-coloniales (Gaëlle Choisne) ou encore les phénomènes de la nature (Salvatore Arancio)... Faisant partie de la Résonance à la 13e biennale d’art contemporain de Lyon, cette nouvelle exposition met en avant le travail singulier d’un artiste, Maxime Rossi, qui entremêle joyeusement différentes références culturelles et joue habilement avec différents médiums, de la vidéo à la scultpure en passant par la performance et l’impression sur toile. Diplômé en 2005 de l’École nationale supérieure des beaux-arts de Lyon, Maxime Rossi (né en 1980, vit et travaille à Paris) aime effectivement
provoquer des télescopages entre des univers qui n’ont a priori rien à voir entre eux. Engendrant de périlleux – mais subtils – grands écarts, un tel modus operandi lui permet de s’inscrire dans une poésie du langage, où la sémantique et l’histoire de l’art sont constamment mises à mal, non sans humour. Tel un chef d’orchestre, la pratique de Maxime Rossi est avant tout collaborative, l’artiste aimant s’entourer de créateurs venus d’horizons divers : chacun à leur manière, graphistes, musiciens, chanteurs, cinéastes, etc., travaillent en chorale.
Avec « Sister Ship » [navire jumeau], Maxime Rossi propose une nouvelle étape de son projet d’envergure inspiré par Sœur Corita Kent (1918-1986), religieuse américaine ayant quitté les ordres en 1968 et connue pour avoir contribué à la culture pop. À partir des années 1960, cette sœur a en effet développé une pratique artistique en produisant des affiches sérigraphiées qui entremêlent slogans publicitaires, paroles de chansons et versets religieux. S’inspirant de ce personnage hors-normes, Maxime Rossi propose une installation dynamique de cinéma élargi qui regroupe une vidéo spatialisée dans La Halle des bouchers et des éléments de décor scénique colorés. Cette comédie musicale décalée combine les
séquences du film documentaire Pygmée Blues (2013) tourné le long du fleuve Congo, avec une bande son constituée de la transcription d’un livre sur Sœur Corita, chantée par Emma Daumas accompagnée de musiciens d’horizons divers.

Exposition réalisée avec l’aimable soutien de l’Atelier Arcay (Paris). La production du film Sister Ship a bénéficé du soutien de la FNAGP -Fondation Nationale des Arts Graphiques et Plastiques.